La pluie fine et opaque de ce matin a cessé, le ciel s’est ouvert, rideau de théâtre repoussant aux horizons de blancs nuages ronds et pales. Le soleil printanier éclabousse de jaune clair l’air encore gorgé d’humidité.
Sur la plage, qui s’étend sur une large palette de gris et de brun, avec quelquefois, furtivement une lueur rosée dans les rigoles laissées par le retour de marée, la mer peint des huiles métalliques, des moirés fragmentaires. Des coquillages brisés dans leur forme semblent de minuscules mosaïques, remontant des profondeurs de sable. Des chemins de coquilles nacrées d’huitres et de brisures de couteaux de mer se dessinent, crissant sous les semelles. Puis le sable revient à lui-même, gris et beige, parfois fort sous le pas, parfois d’un moelleux de presque vase. Par endroits, des douves subsistent, d’un rêve de château...
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