Les pages d’un livre

Plaisir désuet de trancher les pages d’un livre, bruit soyeux de la lame qui s’ouvre un chemin dans une forêt inexplorée...
Et que de sentiers à parcourir dans ces Entretiens, de Julien Gracq (José Corti, 2002) !
Il y est beaucoup question de musique, de théâtre. De Jules Verne, bien sûr, de Breton et du surréalisme, de géographie et de paysages en mutation, de la pratique de l’écriture et de l’écrivain qui garde ses mystères.Lire la suite →

Antsirabe, retour de marché

La nuque est maigre, le cheveu rare et grisonnant. Un vieux pull à mailles lâches s’accroche aux épaules osseuses. Il va d’une foulée régulière, les mains crispées sur les brancards. La route accuse une légère pente, la surface en est presque lisse.
J’évite les regards des passants, les yeux fixés sur le haut de son crâne. Le panier exhale son parfum douceâtre, salade fraîche rincée dans l’eau claire d’un seau, fanes brunissantes de carottes, tiges crues des ciboules, avec, sous-jacent, des traces olfactives de boue, de viande crue, de fruits blets.Lire la suite →

Jeunesses

Le Campus de Saint Martin d’Hères explose de vert et de jeunes corps dénudés. Les vélos se croisent, les tramways tintinnabulent, les terrasses sont combles, les mâles rouges-gorges défendent leur territoire à plein chant. Au loin, les montagnes, avec les dernières touches blanches de neige, un ciel bleu aux nuages très hauts... Qu’importe l’atmosphère dégradée annoncée par la météo, « y a de la joie », l’esprit s’élève, les poumons se remplissent, la vie est sucrée .Lire la suite →

Les draps ouverts

Si le temps s’arrêtait, / Et nous était donné,
Nous serions les gardiens / Des bonheurs éphémères.
Nous serions l’étincelle / De feux jamais éteints.
Nous n’aurions jamais peur / Au cœur des draps ouverts.Lire la suite →

L’Empire du sommeil

Dans les rues de Tananarive, le jour, la nuit, des êtres vivent, survivent, se débattent avec des destins intraduisibles. Au bord des bacs d'ordures, agrégeant leurs peurs et leurs désespérances s'enfonçant dans des ténèbres d'humanité où nous ne pouvons pas les suivre. Leurs rêves se dissolvent dans l'alcool, oublient jusqu'aux parfums de fumée des maisons de leur enfance. Des couples se nouent et se dénouent, des gens s'aiment et se haïssent, des enfants naissent pour n'avoir pas d'avenir.Lire la suite →

Nos cerfs-volants

Les tempêtes passeront, reviendront les beaux jours.
Les beaux jours se briseront en de nouveaux orages.
L’arc-en-ciel se dessine dans la pluie. Le soleil viendra dessécher la terre.
Ainsi vont nos humeurs, sous d’imperceptibles brises, ainsi vont nos vies, éphémères.
Demain, nous ne serons plus, comme ceux qui ont rêvé avant nous.
Nos pensées virevoltent, comme cerfs-volants au vent.Lire la suite →

Hypnocratie

L’Hypnocratie ou la nouvelle manière de contrôler les masses.
L’auteur présumé, Jianwei Xu, n’existe pas ou plutôt n’est qu’une figure emblématique du philosophe italien Andrea Colamedici, ayant généré cet essai à l’aide d’IAs.
Supercherie méthodique donc, mais le message n’en est que plus pertinent. A l’heure de la domination de l’information par les algorithmes, les fake news, les discours contradictoires visant à éclater la notion même de vérité, comment résister, comment se préserver, sans pour autant nier cette modernité qui ira de toutes manières de l’avant ?Lire la suite →

Meilleurs voeux 2026

Même lorsque nous n’y serons plus, elle sera toujours là.
Que cette Nouvelle année soit celle de notre changement, pour être digne du monde qui nous entoure.
« Se contenter du monde. Lutter pour qu’il demeure » (Sylvain Tesson, in La panthère des neiges)Lire la suite →

On verra quand on y sera

Méditer pour faire une pause, méditer pour aller mieux.
Les trois images pour aider à la méditation thérapeutique recommandée par le Dr Patricia Roux-Mérot, psychiatre au CH Landerneau.Lire la suite →

Eloge du rien

"Qu’est-ce que l’homme apporte avec lui en venant au monde ? Rien. Qu’en remporte-t-il quand il sort ? Rien.
Saladin, un des plus grands et des plus vaillants princes qui aient été parmi les Mahométans, et qui possédait les plus beaux États de l’Orient, commanda en mourant qu’on attachât au bout d’une pique un morceau de drap dans lequel il avait été enseveli, et que des hérauts allassent crier par toute la ville : 'Voilà tout ce que le Grand Saladin emporte de toutes ses pompes et de ses immenses richesses'."Lire la suite →