Le pousse pousse, ou Xiangzi le chameau, de Lao She

C’est un roman d’une poignante réalité, surtout lu depuis Madagascar où les pauvres destins sont ordinaires. Une sorte de sombre David Copperfield chinois dont le lecteur émerge avec difficulté, touché au cœur dans sa perception empathique du monde. Car au-delà de l’histoire fictionnelle du héros, tireur de pousse-pousse, le chef d’œuvre de Lao She est aussi le récit d’un parcours initiatique, avec ses fulgurances magnifiques de la jeunesse, ses fraternités et ses tromperies, ses moments de partages généreux et ses solitudes, qui, par une lente perte de foi, glisse vers une inéluctable issue. C’est l’histoire de Rakoto, quat’mi de Tananarive, ou de Michel, clochard de Paris, des vies pour rien, des existences injustes et tragiques, d’autrefois et d’aujourd’hui, si près de nous.Lire la suite →

La Captive aux yeux clairs
(The Big Sky)

Roman de l’École du Montana ? Roman western ? Roman d’aventure ?…
La Captive aux yeux clairs n’est rien de tout cela, même si ces qualificatifs ne sont pas déplacés pour en parler, mais sans en révéler l’extrême richesse.
Publié aux États Unis en 1947, passé inaperçu en France, sa singularité semble s’être dissoute dans le succès de son adaptation en 1952 par Howard Hawks (titre éponyme, avec Kirk Douglas et Dewey Martin).
Sans doute mon expérience de vie en Grande forêt québécoise me fait-elle lire certains passages descriptifs avec une lucidité émerveillée, et suis-je plus sensible à l’arrière-plan d’inter-culturalité (ici les Blancs et les Indiens), mais ce roman est indéniablement un texte puissant.Lire la suite →