Les sillons de l’hiver

Paysage d’hiver, neige qui s’attarde dans les sillons. Ciel plombé, dont toute luminosité s’est éteinte. Façades de maisons grises, les toits s’égouttent.
Les champs pourtant, peignés de blanc, parlent de vies endormies, de labours suspendus, plus loquaces des travaux des hommes que lorsqu’ils germent et fleurissent.Lire la suite →

Le Chant des forêts

Être à l’affût, être en silence, être parmi, être...
Au spectacle du Chant des forêts, de Vincent Munier, à l’écoute du claquement de bec du Grand Tetra ou des trilles du Troglodyte mignon, me remontent en mémoire d’autres bruissements de forêts, d’autres grincements d’arbres, les cacardements des bernaches traversant le ciel d’automne québécois.Lire la suite →

Graines de riz

Départ de Tana – le long du By-pass
Dans la turbulence urbaine du jeune matin, des enfants partent à l’école dans leurs petites blouses d’uniformes. Brunes, rose, vertes... Certains sont seuls, d’autres par petits groupes – le trottoir, s’il y en a un, n’est pas large. Des garçons crânent et s’agitent par sautillement, des filles bavardent avec animation. D’autres sont tenus, tirés, par la main d’un parent, d’un gardien, d’une nénène, à califourchon sur un cadre de bicyclette, coincés entre ventre et dos sur un scooter, juchés sur la rondeur d’un réservoir de moto... Des tous petits, qui trottinent, enveloppés dans leurs blouses comme des bonbons acidulés, derrière le grand pas d’un adulte, ou portés sur le dos, comme celui-là, par une femme en sueur...Lire la suite →

La Montagnette

La falaise de la Montagnette domine le village. Des escarpements de roche jaune pâle, se fragilisant parfois en feuilletage plus sombre, plissures d’origami, troués de cavités de carrière parfois investies de maisons troglodytes, des pans muselés par des treillis de fer, ou mitraillés de trous d’insectes, le tout surmonté d’une dense chevelure de pins et d’arbustes au travers desquels grimpe le sentier abrupt. Sur le plateau, mordu par les ravages d’un incendie récent, les formes trapues, tordues des oliviers d’un gris bleuté, alignés jusqu’aux bornes de pierres levées, vigilantes.Lire la suite →

Le parfum du riz

Marcher, trouver son souffle, faire confiance au corps qui répond, oublier quelques heures le temps qui passe, qui vieillit, qui pèse.
Jouir de la fraicheur de la brise des crêtes sur le front, le cou, en sueur.
Dans un large creux de plaine, des rizières fraîchement repiquées se découpent, à la patiente espérance, du vert cru de la première pousse. S’étageant en mosaïques sur les flancs des collines, les carrés de terre grasse, en blocs taillés à l’angady, en attente de l’eau, encore en attente du patient travail des femmes aux dos courbés. Des villages éparpillés miroitent de leurs toits de tôle chapeautant leurs murs d’argile rouge. Plus haut encore, le persistant velours moiré de la savane sèche couvrant les sommets, ponctuée de rares touffes vertes.Lire la suite →

Le droit d’espérer

Dans les rues de Tananarive, le jour, la nuit, des êtres vivent, survivent, se débattent avec des destins intraduisibles. Au bord des bacs d'ordures, ils agrègent leurs peurs et leurs désespérances que notre regard frôle mais qui s'enfoncent dans des ténèbres d'humanité où nous ne pouvons pas les suivre. Leurs rêves se dissolvent dans l'alcool et emportent avec eux jusqu'aux derniers parfums de fumée des maisons de leur enfance. Des couples se nouent et se dénouent, des gens s'aiment et se haïssent, des enfants naissent pour n'avoir pas d'avenir.Lire la suite →

Les vacances sont finies

La pluie fine et opaque de ce matin a cessé, le ciel s’est ouvert, rideau de théâtre repoussant aux horizons de blancs nuages ronds et pales. Le soleil printanier éclabousse de jaune clair l’air encore gorgé d’humidité.

Sur la plage, qui s’étend sur une large palette de gris et de brun, avec quelquefois, furtivement une lueur rosée dans les rigoles laissées par le retour de marée, la mer peint des huiles métalliques, des moirés fragmentaires. Des coquillages brisés dans leur forme semblent de minuscules mosaïques, remontant des profondeurs de sable. Des chemins de coquilles nacrées d’huitres et de brisures de couteaux de mer se dessinent, crissant sous les semelles. Puis le sable revient à lui-même, gris et beige, parfois fort sous le pas, parfois d’un moelleux de presque vase. Par endroits, des douves subsistent, d’un rêve de château...Lire la suite →