Itinéraires malgaches 4

4 - Le pilote ne nous rejoint qu’à midi. La matinée a été claire, et j’ai vu le soleil poindre dans un creux de montagne. La Gorgona est toujours visible, là-bas, du côté de la mer. Nous avons déjà levé l’ancre, et longeons à bonne distance le navire de guerre, hérissé et massif, un porte-conteneurs qui est destiné aux Caraïbes, et un bateau de croisière. Nous glissons furtivement vers l’entrée de la baie quand la vedette du port vient se coller à notre flanc, et que l’échelle de corde est lancée au pilote qui y grimpe en se dandinant au-dessus des vagues.Lire la suite →

Itinéraires malgaches 3

3 - 29 janvier
Dès le petit matin, je vais pousser la lourde porte en fer qui me sépare de la plate-forme arrière. La ligne de l’horizon commence à se teinter de rose, réveillant les couleurs de la mer. Nous glissons entre les Alpes encapuchonnées de neige et la Corse, en route vers l’Italie. Dans le sillage du moteur, l’eau est émeraude.Lire la suite →

Itinéraires malgaches 2

2 - 28 janvier
N'est jamais parti celui qui ne s’est pas promené le long du dock d’un grand port. N'a vraiment voyagé que celui qui, un jour, s'est trouvé là, au pied de la passerelle de coupée, avec son balluchon ou ses cantines, minuscule à coté d'une coque de navire, qu'il soit goélette, paquebot, ou porte-conteneurs.
Un port de commerce est un monde à part. Monstrueux et fascinant. Silhouettes gigantesques des grues, couleurs rouillées, masses balancées des conteneurs à dix mètres au-dessus des têtes, bruits sourds de fer entrechoqué et de chaînes qui coulissent, coques balafrées de rouille où elles régurgitent leurs ancres…Lire la suite →

Itinéraires malgaches 1

Janvier 1999
1- Madagascar. Une île. Les Tropiques. Les végétations luxuriantes, comme dans les livres. Et un peuple dont je ne pouvais rien savoir avant de l’avoir appréhendé au coude à coude, dans la rencontre exigeante avec l’Autre. Dites : « Madagascar ». À quoi pensez-vous ? Quelques images de lémuriens, ces charmantes bêtes, pas vraiment singes, avec leurs yeux langoureux et leurs pattes agiles. Des morts roulés dans des tapis et qu’on transporte en riant, en chantant, dans un concert de battements de tambours et de flûtes dissonantes. Des enfants dans les rues, le nez collé de morve, un t-shirt grisâtre et déchiré flottant autour de leur corps trop maigre, avec leurs mines de biches poursuivis par le chasseur… Pour découvrir, il faut d'abord partir...Lire la suite →