« Qu’est-ce que l’homme apporte avec lui en venant au monde ? Rien. Qu’en remporte-t-il quand il sort ? Rien.
Saladin, un des plus grands et des plus vaillants princes qui aient été parmi les Mahométans, et qui possédait les plus beaux États de l’Orient, commanda en mourant qu’on attachât au bout d’une pique un morceau de drap dans lequel il avait été enseveli, et que des hérauts allassent crier par toute la ville : ‘Voilà tout ce que le Grand Saladin emporte de toutes ses pompes et de ses immenses richesses’.
Éloge de rien, dédié à Personne, Auteur anonyme[1]
Éditions Allia, depuis la 3e édition 1730, Paris, chez Antoine de Heuqueville
[1] L’auteur « anonyme » est un certain Louis Coquelet (Péronne 1676, Paris 1754)