La vie s’enfle, s’étonne, se brise et s’éveille.
Nous n’écoutons qu’indécis, enfants distraits par le bruit d’une feuille déchirée par le vent. Nos doigts se crispent dans l’insaisissable, et nos cœurs sont durs comme des poings fermés. Quand donc apprendrons-nous à vivre ?
Et pourtant le ciel.
Et pourtant le jour qui frissonne et se lève.
Et pourtant s’asseoir heureux et contempler le champ de nos rêves onduler sous la brise.
Je crois aux douceurs des jours,
je crois à l’âge qui plisse nos visages et déplisse nos humeurs.
Car peut-on seulement vivre sans cette certitude-là ?
Rien n’est donné, rien n’est repris. Qu’attendons-nous avec tant de fureur ? Nos impatiences tissent le cocon de nos désillusions.
Rire à pleine gorge au dérisoire, à l’inattendu, au monde qu’avec acharnement, nous tentons de réduire à notre image.