Bonjour Lecteur, Lectrice,
Je suis Laurence INK, vous me connaissez peut-être déjà ou vous ne me connaissez pas. Mais si vous arrivez sur cette page, c’est que nous avons quelque chose en partage.
Ce blog est une main tendue, une boite à textes libres, un jardin de philosophie ouvert à toutes les promenades.
Du Grand Nord à Madagascar, de la Côte de Jade à la Provence de Bosco, de livres en livres, de la marche à la méditation, le Monde est un éternel étonnement.
Une jeunesse à l’ombre de la lumière
- Partages Coups de coeur
Une jeunesse à l’ombre de la lumière, Jean-Marie Rouart
Certains livres prennent ombrage de leur auteur. C’est un peu le cas d’Une jeunesse à l’ombre de la lumière, essai sautillant, érudit, et disert de cette figure du Grand spectacle qu’est devenu le monde littéraire français moderne.
Jean-Marie Rouart est né d’une famille de peintres et de collectionneurs d’art. Le poids de l’héritage est pesant (pas seulement en numéraire), il est difficile de trouver sa place lorsqu’on a fréquenté des proches de Degas, la famille Morizot / Manet, Valéry et Mallarmé. Les maisons sont des musées, les conversations, parfois houleuses, se réfèrent sans cesse aux grandes œuvres, même si, comme le père de Jean-Marie, l’on fait partie des artistes peu connus et sans grade, inadaptés à vivre hors de la création.Lire la suite →
Certains livres prennent ombrage de leur auteur. C’est un peu le cas d’Une jeunesse à l’ombre de la lumière, essai sautillant, érudit, et disert de cette figure du Grand spectacle qu’est devenu le monde littéraire français moderne.
Jean-Marie Rouart est né d’une famille de peintres et de collectionneurs d’art. Le poids de l’héritage est pesant (pas seulement en numéraire), il est difficile de trouver sa place lorsqu’on a fréquenté des proches de Degas, la famille Morizot / Manet, Valéry et Mallarmé. Les maisons sont des musées, les conversations, parfois houleuses, se réfèrent sans cesse aux grandes œuvres, même si, comme le père de Jean-Marie, l’on fait partie des artistes peu connus et sans grade, inadaptés à vivre hors de la création.Lire la suite →
Itinéraires malgaches Saison 2 – 8
- Archives, Traces
La quête de l’eau
Depuis 24 heures, l’eau est coupée sur la Colline de la Reine. Les rigoles d'évacuation ne chantonnent plus, exhalant une odeur lourde de détritus. Dans chaque maison bourgeoise, réapparaissent les seaux en plastique, lot d'ordinaire des bas quartiers. Un tuyau aurait crevé et les réparations seraient bientôt achevées. Mais ce matin, les robinets et les tuyaux restent désespérément silencieux.
Il est cinq heures et demi et les rues sont déjà animées, plus que de coutume. Je croise des petites bonnes - pieds nus ou en tongs, taille courte, cheveux crépus rassemblés dans un foulard ou attachés en petite queue touffue dans la nuque, peau sombre s'étirant sur les pommettes – qui reviennent vers la maison de leurs ‘maitres’, le seau plein au bout du bras, éclaboussant leurs mollets ronds, ou perché sur la tête,...Lire la suite →
Depuis 24 heures, l’eau est coupée sur la Colline de la Reine. Les rigoles d'évacuation ne chantonnent plus, exhalant une odeur lourde de détritus. Dans chaque maison bourgeoise, réapparaissent les seaux en plastique, lot d'ordinaire des bas quartiers. Un tuyau aurait crevé et les réparations seraient bientôt achevées. Mais ce matin, les robinets et les tuyaux restent désespérément silencieux.
Il est cinq heures et demi et les rues sont déjà animées, plus que de coutume. Je croise des petites bonnes - pieds nus ou en tongs, taille courte, cheveux crépus rassemblés dans un foulard ou attachés en petite queue touffue dans la nuque, peau sombre s'étirant sur les pommettes – qui reviennent vers la maison de leurs ‘maitres’, le seau plein au bout du bras, éclaboussant leurs mollets ronds, ou perché sur la tête,...Lire la suite →
Itinéraires malgaches Saison 2 – 7
- Archives, Traces
Tsimbazaza
Un jour, le grand roi au nom sans fin, contemplant de la porte de sa case les douze collines qui marquaient le centre de son royaume, buta une nouvelle fois du regard contre une hauteur ronde et couverte de forêt, énorme termitière qui lui cachait le soleil couchant. C’était très loin dans le temps, mais le roi, dans son fief, était puissant. « Que cette montagne soit rasée, dit-il, car mes yeux s’y cassent, et l’horizon n’est plus le mien jusqu’à la mer ». Alors partirent les esclaves andevo et les hova libres assujettis à la corvée royale. Tous, bêche sur l’épaule, le salaka noué autour des reins, et sur leurs têtes aux mille tresses, le panier rond qui transporterait la terre là où le regard du roi ne viendrait pas s’y cogner.Lire la suite →
Un jour, le grand roi au nom sans fin, contemplant de la porte de sa case les douze collines qui marquaient le centre de son royaume, buta une nouvelle fois du regard contre une hauteur ronde et couverte de forêt, énorme termitière qui lui cachait le soleil couchant. C’était très loin dans le temps, mais le roi, dans son fief, était puissant. « Que cette montagne soit rasée, dit-il, car mes yeux s’y cassent, et l’horizon n’est plus le mien jusqu’à la mer ». Alors partirent les esclaves andevo et les hova libres assujettis à la corvée royale. Tous, bêche sur l’épaule, le salaka noué autour des reins, et sur leurs têtes aux mille tresses, le panier rond qui transporterait la terre là où le regard du roi ne viendrait pas s’y cogner.Lire la suite →
Itinéraires malgaches Saison 2 – 6
- Archives, Traces
Ainsi la pièce est nue. Les meubles viendront plus tard, demain, la semaine prochaine, un jour d’un temps malgache. Je la garderais ainsi, si je le pouvais, avec sa petite table plantée au milieu des murs de crépi blanc, son espace tambour ou conque, son vide qui n’attend que de chanter. De l’autre côté, les odeurs de terre, les terrasses livrées comme une main plate au soleil d'une fin d'été, le souffle d'air qui meurt dans les rideaux, les cris d'enfants qui jouent dans une cour au loin, les vagues pépiements d’un oiseau. Rien que le plancher brun, sombre de palissandre, la porte ouverte vers la ruelle, les parfums de riz rouge cuit dans sa marmite, les fenêtres qui observent de toutes parts. De l’autre côté, les recoins noirs où la misère se cache, les jungles vertes où le petit palmier hausse la tête au-dessus des herbes, les...Lire la suite →
Neige, Orhan Pamuk
- Partages Coups de coeur
Neige, Orhan Pamuk, (traduit du turc Jean-François Pérouse, Gallimard 2005, vo 2002)
Prix Médicis 2005. Prix Nobel de littérature 2006
Les conférences tenues par Orhan Pamuk au Collège de France en 2023 apportent un éclairage particulièrement efficace pour apprécier un roman (son 8e) qui peut sembler hermétique et par instant fastidieux.
Za, écrivain turc vivant en Allemagne, revient, après une absence de 12 ans, dans sa ville natale de Kars (Anatolie orientale), officiellement mandaté par un journal d’Istanbul pour enquêter sur le suicide de certaines jeunes femmes portant le voile.Lire la suite →
Prix Médicis 2005. Prix Nobel de littérature 2006
Les conférences tenues par Orhan Pamuk au Collège de France en 2023 apportent un éclairage particulièrement efficace pour apprécier un roman (son 8e) qui peut sembler hermétique et par instant fastidieux.
Za, écrivain turc vivant en Allemagne, revient, après une absence de 12 ans, dans sa ville natale de Kars (Anatolie orientale), officiellement mandaté par un journal d’Istanbul pour enquêter sur le suicide de certaines jeunes femmes portant le voile.Lire la suite →
Itinéraires malgaches Saison 2 – 5
- Archives, Traces
Nous habitons dans une sorte de pension de famille, à Ampandrianomby - Là où paissent les bœufs -, dans un quartier de lisières.
Aujourd’hui, comme les autres jours, la maisonnée s’éveille à six heures. Après l’emballement des cloches des églises voisines, c’est le son claqué des pieds nus des petites bonnes qui dévalent l’escalier de bois. Le jour est clair, encore mouillé de l’orage de la veille ; les collines au loin, entre les frondaisons des arbres, se lissent lentement de vert sombre et de rouge.Lire la suite →
Aujourd’hui, comme les autres jours, la maisonnée s’éveille à six heures. Après l’emballement des cloches des églises voisines, c’est le son claqué des pieds nus des petites bonnes qui dévalent l’escalier de bois. Le jour est clair, encore mouillé de l’orage de la veille ; les collines au loin, entre les frondaisons des arbres, se lissent lentement de vert sombre et de rouge.Lire la suite →
Itinéraires malgaches Saison 2 – 4
- Archives, Traces
Antananarivo, la Ville des Mille, la ville des douze collines.
Sur la carte achetée dès mon arrivée, les lignes droites sont rares, mais le tracé des rues paraît net. Quartiers aux noms imprononçables : Ampandrianomby, Antanananerina, Faravohitra, Ambohimanoro… Quelques repères fiables : la Colline de la Reine, l’Institut Pasteur, l’ancienne gare, le stade de Mahamasina… Et tout au milieu, la forme en disque percé du Lac Anosy.Lire la suite →
Sur la carte achetée dès mon arrivée, les lignes droites sont rares, mais le tracé des rues paraît net. Quartiers aux noms imprononçables : Ampandrianomby, Antanananerina, Faravohitra, Ambohimanoro… Quelques repères fiables : la Colline de la Reine, l’Institut Pasteur, l’ancienne gare, le stade de Mahamasina… Et tout au milieu, la forme en disque percé du Lac Anosy.Lire la suite →
Itinéraires malgaches Saison 2 – 3
- Archives, Traces
La route vers Tananarive est luxueuse. Il faut entendre par là, aux dires des habitués, qu’elle est asphaltée, sans trop de nids-de-poule, et suffisamment fréquentée pour espérer de l’aide en cas de panne. Trois cent cinquante kilomètres de tournants, de montées, de contournements de collines, de paysages qui se métamorphosent avec la montée en altitude.
Le camarade qui nous sert de guide bavarde joyeusement avec le chauffeur. Il a oublié ses terreurs de la nuit, aussi rapidement qu’un enfant sort du sommeil.Lire la suite →
Le camarade qui nous sert de guide bavarde joyeusement avec le chauffeur. Il a oublié ses terreurs de la nuit, aussi rapidement qu’un enfant sort du sommeil.Lire la suite →
Itinéraires malgaches Saison 2 – 2
- Archives, Traces
Dimanche matin
Je vais au travers des rues de la ville chercher des médicaments pour mon ami qui a la fièvre. En pousse-pousse - en courre-tire, faudrait-il dire. Mon « tireur » est jeune, très noir, cheveux bouclés serrés, corps d’athlète. Il me parle tout en marchant, parfois lentement, ou au petit trot, malgré mes protestations de ne pas se presser. Culpabilité qui se raisonne. Ici, les situations ne vont pas de soi. Peut-on ? Doit-on ? Et de quel droit absolu ?Lire la suite →
Je vais au travers des rues de la ville chercher des médicaments pour mon ami qui a la fièvre. En pousse-pousse - en courre-tire, faudrait-il dire. Mon « tireur » est jeune, très noir, cheveux bouclés serrés, corps d’athlète. Il me parle tout en marchant, parfois lentement, ou au petit trot, malgré mes protestations de ne pas se presser. Culpabilité qui se raisonne. Ici, les situations ne vont pas de soi. Peut-on ? Doit-on ? Et de quel droit absolu ?Lire la suite →
Mes lectures 2025 (suite 2)
- Partages Coups de coeur
💙 Marie Gazeau, Une vie près de la terre (First éditions, 2022)
💙 Sylvie Germain, Brèves de solitude (Albin Michel, 2021)
💙 Florence Seyvos, Un perdant magnifique (Éditions de l’Olivier, 2025)
♥️Leonardo Padura, Hérétiques (Points, traduit de l’espagnol – Cuba - par Elena Zayas, 2016)
💙 *Miguel Bonnefoy, Le Rêve du jaguar (v. audio narrée par M. Bonnefoy, Zelda Perez et Bertrand Pazos, 2024)Lire la suite →
💙 Sylvie Germain, Brèves de solitude (Albin Michel, 2021)
💙 Florence Seyvos, Un perdant magnifique (Éditions de l’Olivier, 2025)
♥️Leonardo Padura, Hérétiques (Points, traduit de l’espagnol – Cuba - par Elena Zayas, 2016)
💙 *Miguel Bonnefoy, Le Rêve du jaguar (v. audio narrée par M. Bonnefoy, Zelda Perez et Bertrand Pazos, 2024)Lire la suite →
Les draps ouverts
- Brèves
Si le temps s’arrêtait, / Et nous était donné,
Nous serions les gardiens / Des bonheurs éphémères.
Nous serions l’étincelle / De feux jamais éteints.
Nous n’aurions jamais peur / Au cœur des draps ouverts.Lire la suite →
Nous serions les gardiens / Des bonheurs éphémères.
Nous serions l’étincelle / De feux jamais éteints.
Nous n’aurions jamais peur / Au cœur des draps ouverts.Lire la suite →
L’Empire du sommeil
- Brèves
Dans les rues de Tananarive, le jour, la nuit, des êtres vivent, survivent, se débattent avec des destins intraduisibles. Au bord des bacs d'ordures, agrégeant leurs peurs et leurs désespérances s'enfonçant dans des ténèbres d'humanité où nous ne pouvons pas les suivre. Leurs rêves se dissolvent dans l'alcool, oublient jusqu'aux parfums de fumée des maisons de leur enfance. Des couples se nouent et se dénouent, des gens s'aiment et se haïssent, des enfants naissent pour n'avoir pas d'avenir.Lire la suite →